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Les traitements avec prescription médicale

Introduction

Si la guérison définitive du psoriasis n'est pas encore possible, les traitements actuels sont capables de très bien contrôler les poussées. Comme le psoriasis a souvent tendance à revenir, il ne faut jamais hésiter à le traiter à nouveau. Par ailleurs, un traitement qui a été efficace à un moment donné ne le sera peut-être plus lors d'une nouvelle poussée. De même l'auto médication est à déconseiller car ce qui a fonctionné chez l'un ne donnera pas les mêmes résultats chez l'autre, et inversement.
La recherche en médecine ne cesse d'évoluer et de nouvelles découvertes ont été faites. S'il y a longtemps que vous n'avez plus consulté, ne tardez pas à prendre rendez-vous chez un dermatologue.

Avant de passer en revue les différents traitements, il est indispensable de rappeler qu'il en existe un, non médical mais combien capital : l'hydratation de la peau. On estime qu'elle peut freiner de 50% le renouvellement de l'épiderme et diminuer d'autant les démangeaisons. Hydrater sa peau doit être un geste quotidien au même titre que le brossage des dents ! Votre période de rémission n'en sera que plus longue, les dermatologues sont unanimes sur ce point. Et ce, quel que soit la gravité de votre psoriasis et le traitement qui vous a été prescrit.

Les notices d'utilisation des traitements sont extraites du site www.fagg-afmps.be de l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé. Elles sont insérées à titre purement informatif et ne remplacent en aucun cas la posologie prescrite par votre dermatologue.

 

Traitements locaux du psoriasis

Les traitements topiques se présentent sous forme de pommade, de crème, de lotion, de gel que l'on applique directement sur les plaques de psoriasis.

 

Les corticostéroïdes ou dérivés de la cortisone

Il s'agit des traitements les plus fréquemment utilisés dont l'action anti-inflammatoire de la cortisone a un effet favorable sur le psoriasis. Généralement, ils se présentent sous forme de crème et de pommade. Pour le psoriasis des plis ou du cuir chevelu, ils se présentent sous forme de lotion. L'application plusieurs jours d'affilée de ces lotions et pommades entraîne une dépendance et un arrêt brutal provoque souvent une rechute : c'est l'effet de rebond dû à la cortico-dépendance et la corticorésistance. Il est donc très important de respecter le schéma thérapeutique - la posologie - prescrit par le dermatologue. Diminuer progressivement le traitement à la cortisone.

Les calcipotriènes ou dérivés de la vitamine D3

Sous le nom générique de calcipotriène, on retrouve le calcipotriol (Daivonex ®), le calcitriol (Silkis ®) et le tacalcitol (Curatoderm ®). Ces médicaments sont des dérivés de la vitamine D3 qui ralentissent le renouvellement cellulaire. Normalement, cette dernière est synthétisée lors de l'exposition de la peau au soleil. En général, ils sont appliqués deux fois par jour. Il convient de ne pas en utiliser plus de 100 g par semaine, car à fortes doses, les calcipotriènes deviennent toxiques par excès de vitamine D dans le sang.

 

Les rétinoïdes ou dérivés de la vitamine A

Ces traitements facilitent la maturation des cellules superficielles de la peau et empêchent la prolifération des cellules de la couche cornée. De plus, ils sont immunorégulateurs et agissent sur la part immunitaire du psoriasis.

Le tazarotène (Zorac ®) est retiré du marché belge.

 

L'acide salicylique et l'urée

Ce sont deux substances qui ont un effet kératolytique ce qui signifie qu'elles aident à décaper la peau et à éliminer les squames. Elles peuvent être utilisées dans des préparations magistrales et se retrouvent souvent dans les cosmétiques aux fortes vertus hydratantes. Il est cependant à noter que contrairement à la cortisone, elles ne peuvent être associées aux dérivés de la vitamine D car ces derniers en neutralisent les effets.

 

Association de cortisone et vitamine D

Le Dovobet ® est une pommade qui combine la vitamine D et la cortisone. Elle s'applique une seule fois par jour. Un traitement d'entretien avec de la vitamine D seule sera ensuite prescrite.

Pour être complet, il faut encore citer les goudrons mais ceux-ci ont été progressivement abandonnés notamment en raison de leur caractère salissant.
Photothérapie (« les UV »)

Le soleil est généralement réputé comme un facteur d'amélioration du psoriasis. On délivre des UV en cabine sous contrôle médical afin de reproduire l'effet du soleil.Il faut éviter d'en faire pendant de nombreuses années car on sait que les UV jouent un rôle important dans le déclenchement des cancers de la peau.

Puvathérapie.

Les rayons ultraviolets A (UVA) sont utilisés avec le Psoralène (médicament à prendre 2 heures avant chaque séance)

Balnéothérapie.

Si le patient ne supporte pas le Psoralène par voie orale, celui-ci est dilué dans un bain. Ensuite, traitement aux uva en cabine. Les rayons ultraviolets B (UVB) sont utilisés seuls. Ce traitement sera prescrit chez des patients pour qui la Puvathérapie est déconseillée à cause de la prise de psoralène. (Grossesse, insuffisance hépatique, intolérance gastrique.) Il faut bien protéger ses yeux avec les lunettes fournies et les hommes doivent garder leur slip. Se protéger également du soleil pendant les 8 heures suivant la prise du psoralène.

Traitements par voie générale systémiques

Contrairement aux traitements locaux qui agissent sur les zones d'application, les traitements systémiques se présentent sous forme de comprimés (par voie orale) ou sous forme de solution (par injection ou par perfusion) et agissent sur l'ensemble du corps. Voilà la raison pour laquelle ils provoquent de nombreux effets secondaires.
Les rétinoïdes ou dérivés de la vitamine A

L'acitrétine (Néotigason ®) est très efficace dans les formes de psoriasis pustuleux ou palmo-plantaire. Des prises de sang régulières sont faites pour contrôler la fonction hépatique car l'acitrétine peut provoquer des troubles du foie. De plus, l'acitrétine a un effet tératogène, c'est-à-dire qu'il peut provoquer des malformations de l'embryon. Les femmes à qui il a été prescrit éviteront donc d'être enceintes et ce pendant deux ans après le traitement.

 

Les immunosuppresseurs

Les traitements immunosuppresseurs agissent sur le système immunitaire, abaissent l'inflammation et diminuent la multiplication des cellules de la peau.

La ciclosporine (Néoral ®) est un traitement qui agit sur le système immunitaire et permet une diminution de l'inflammation et de la multiplication de la peau. Elle est prescrite dans les cas étendus et sévères de psoriasis et quand tous les autres traitements ont échoué. A court terme, les effets secondaires connus de la ciclosporine des tremblements, des fourmillements et des maux de tête. A long terme, la ciclosporine peut provoquer une augmentation de la pression artérielle et des dommages au foie et aux reins. Enfin, la prise de très nombreux médicaments est déconseillée c'est la raison pour laquelle il faut absolument signaler ce traitement à tous les médecins et dentistes.

Le méthotrexate (Ledertrexate ®) est un antimitotique qui empêche les cellules de se diviser , de se multiplier anormalement et qui a une action anti-inflammatoire. Il est utilisé en général en une à trois prises par semaine, comporte de nombreuses interactions médicamenteuses et est réservé au traitement du psoriasis résistant aux traitements conventionnels, ou au rhumatisme psoriasique.
Le traitement au méthotrexate nécessite une contraception obligatoire chez la femme et l'absence de procréation chez l'homme durant et 3 mois après l'arrêt du traitement. Des contrôles sanguins fréquents seront donc effectué pour vérifier la fonction hépatique. En effet, ce traitement peut altérer celle-ci.

 

Traitements biologiques

Les modificateurs de la réponse biologiques (MRB), encore appelés médicaments biologiques, sont une nouvelle classe de médicaments auxquels on a recours lorsque les autres traitements parfois couplés n'ont pas donné les résultats attendus. Ces médicaments sont des dérivés de molécules biologiques naturelles similaires à des protéines produites par l'organisme.

Des études scientifiques ont montré que le Tumor Necrosis Factor Alpha, en abrégé TNF alpha, est une des cytokines qui joue un rôle indéniable dans certaines maladies auto-immunes. La surproduction de TNF alpha est à la base d'une activation de la réaction immunitaire, avec augmentation de la production des molécules d'adhésion. Celles-ci ont normalement pour mission de faciliter le transport dans le sang des cellules immunes activées vers les tissus enflammés.

Ces cellules exercent alors leur action destructrice et renforcent le processus inflammatoire par la production d'autres cytokines pro-inflammatoires, comme les interleukines. Un nouveau groupe de médicaments, les anti-TNF alpha, freine ce processus, voire le bloque complètement et combat l'inflammation. Mais le recours à ces médicaments pour freiner les réactions inflammatoires a également un revers : une trop grande inhibition du système immunitaire accroît la sensibilité aux infections. Les patients prenant des anti-TNF alpha contractent plus facilement une infection, que ce soit des voies respiratoires ou urinaires.

Ces  médicaments ne peuvent être prescrits que par un dermatologue et sont remboursés par la mutuelle.

L'adalimumab (Humira ®) par injection sous-cutanée qui peut être faite soi-même. Proposé en seringue pré-remplie.

L'etanercept (Enbrel ®) par injection sous-cutanée qui peut être faite soi-même. Proposé en seringue pré-remplie ou non.

L'infliximab (Remicade ®) par perfusion intraveineuse qui doit obligatoirement se faire en milieu hospitalier.

L'ustékinumab (Stelara ®) par injection sous-cutanée qui peut être faite soi-même.

Aprémilast (Otelza®) Voie orale.

Secukinumab (Cosentyx®)par injection sous-cutanée qui peut être faite soi-même.

Ixékizumab (Taltz®)par injection sous-cutanée qui peut être faite soi-même.

Cette page a été réalisée avec l'aide du docteur Pierre-Dominique Ghislain.