Psoriasis rime souvent avec dépression !

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Psoriasis rime souvent avec dépression !

Le psoriasis, maladie inflammatoire chronique de la peau, présente de nombreuses co-morbidités (autres maladies présentes chez une même personne). Les plus connues sont les autres manifestations d’inflammations chroniques d’origine auto-immune, telles que la maladie de Crohn, la rectocolite ulcéreuse, l’arthrite psoriasique, les arthrites rhumatoïdes, les uvéïtes, etc. Les maladies cardiovasculaires et le diabète sont également liées à la présence de psoriasis. Mais savez-vous que la dépression, et d’autres troubles émotionnels, sont fréquemment associés au pso ?

Dans notre société, l’apparence physique est fréquemment considérée comme un facteur de jugement. Par conséquent, tout ce qui affecte notre peau aura éventuellement une influence sur notre bien-être général. C’est pour cela que, selon les experts, le psoriasis peut être tout aussi invalidant d’un point de vue mental que d’autres pathologies plus dangereuses pour la vie (2). La lourde charge émotionnelle rattachée au psoriasis réside principalement dans la visibilité des squames et la rougeur des plaques. Ceci explique pourquoi la plupart des personnes atteintes de psoriasis sont complexées par l’aspect de leur peau et souhaiteraient avoir une peau saine (3).

Par conséquent, le fardeau émotionnel lié au psoriasis, à la crainte d’une nouvelle poussée, aux traitements, à l’aspect physique, peut se manifester au travers de divers troubles mentaux :

La dépression:

Une étude a démontré que 62 % des personnes atteintes de psoriasis souffraient aussi d’une dépression cliniquement significative (4). En outre, la superficie totale de la peau affectée par le psoriasis est le principal indicateur de la gravité de la dépression, qui est plus importante lorsque 50 % ou plus de la peau est atteinte. En outre, au moins 7 % des personnes atteintes de psoriasis ont tendance à avoir des pensées suicidaires (5). De plus, le fait qu’une rémission ne soit pas entièrement garantie et qu’une nouvelle poussée puisse survenir peut encore être un élément déclencheur de dépression. La dépression peut être grave au point de donner envie d’abandonner son traitement.

L’anxiété:

Le combat mené au quotidien pour gérer les symptômes associés au psoriasis et à son traitement est anxiogène et peut s’ajouter au stress quotidien, lui-même facteur déclencheur. En outre, la présence de plaques ou le fait d’avoir à appliquer des émollients sur la peau entraînent des inquiétudes sur l’apparence physique. Cela n’est donc pas étonnant si, selon une étude, 45 % des personnes atteintes de psoriasis souffrent d’anxiété (6).

De plus, la faible estime de soi, la réaction des autres et les moqueries sur l’aspect physique peuvent entretenir une image corporelle négative et un sentiment de honte (7). La solitude est également souvent présente, parfois elle est induite par la crainte de contagion, injustement présente dans l’entourage. Environ 35 % de proches ont affirmé que leurs relations avec les membres de leur famille atteints de psoriasis se détérioraient (8). Selon une autre étude, environ 35 % des personnes atteintes de psoriasis reconnaissent se sentir peu attirantes et avoir du mal à entretenir des relations intimes (9).

Attention chez les ados

La méconnaissance, l’intimidation, le rejet peuvent se produire n’importe où, mais plus fréquemment à l’école chez les enfants et adolescents. Les années scolaires sont particulièrement difficiles pour les adolescents, quand ils essaient d’avoir l’air « cool » et tentent de se fondre dans la masse. S’ils ont une affection de la peau, cela peut les faire se sentir à l’écart. Des études ont montré sur des ados atteints de psoriasis l’incidence que l’intimidation a sur eux. La plupart ont déclaré que les taquineries et les jeux d’intimidation étaient une pratique courante. Parfois, les taquineries deviennent graves au point de provoquer d’autres problèmes psychologiques, comme de la dépression (10).

En conclusion, il est utile de partager votre expérience: n’hésitez pas à le faire auprès d’un professionnel de la santé ou d’une association de patients. Vous pourrez en apprendre plus sur la façon de traiter efficacement les symptômes du psoriasis et les émotions qui y sont associées.

Par .S. Audali

Références
1) McDonald K. et al., The PHQ-2 in Dermatology—Standardized Screening for Depression and Suicidal Ideation. JAMA Dermatol.2018;154(2):139–141
2)  Rapp SR et al. Psoriasis causes as much disability as other major medical diseases. J Am Acad Dermatol. 1999 Sep;41(3 Pt 1):401-7.
3)  Pauline A Nelson et al., ‘On the surface’: a qualitative study of GPs’ and patients’ perspectives on psoriasis. BMC Fam Pract. 2013; 14: 158.
4) Hayes, J., & Koo, J. (2010). Psoriasis: depression, anxiety, smoking, and drinking habits. Dermatologic therapy, 23(2), 174-180.
5) Gupta, M. A., & Gupta, A. K. (1998). Depression and suicidal ideation in dermatology patients with acne, alopecia areata, atopic dermatitis and psoriasis. British Journal of Dermatology, 139, 846-850.
6) Masoud Golpour et al. Depression and Anxiety Disorders among Patients with Psoriasis: A Hospital-Based Case-Control Study. Dermatol Res Pract. 2012; 2012: 381905.
7) Monali J Bhosle et al. Quality of life in patients with psoriasis. Health Qual Life Outcomes. 2006; 4: 35.
8) Eghlileb, A. M.et al. (2007). Psoriasis has a major secondary impact on the lives of family members and partners. British Journal of Dermatology, 156(6), 1245-1250.
9) Sampogna, F.et al.(2007). Impairment of sexual life in patients with psoriasis. Dermatology, 214(2), 144-150.
10) Magin, P.et al. (2008). Experiences of appearance‐related teasing and bullying in skin diseases and their psychological sequelae: results of a qualitative study. Scandinavian journal of caring sciences, 22(3), 430-436.